Taiji Quan, Marche Taiji ou Tuishou : quelles différences?
Il est bien possible que vous vous demandiez quelles différences il y a entre Taiji, Marche Taiji et Tuishou. Je vous aide ici à y voir plus clair…
Cours de taiji quan (ou taichi chuan) par niveau
Dans un cours de Taiji Quan “classique”, vous retrouverez des exercices liés à :
- la préparation articulaire, pour conserver ou améliorer la mobilité du corps,
- la posture (position immobile), dans laquelle on intègre les principes fondamentaux du Taiji et notamment l’apprentissage du relâchement du corps (notion de Song 松),
- la mémorisation de la forme (enchaînement de mouvements codifiés),
- la mise en place des principes de base et des principes internes dans la forme.
Je propose ici des cours par niveau, afin que vous vous retrouviez dans un groupe cohérent, où chacun a appris les mêmes parties de la forme et aborde les mêmes niveaux internes.
Vous ne vous sentirez donc pas perdu(e) au milieu de pratiquants plus avancés, et cela facilite l’assimilation de chaque étape.
COurs de « marche Taiji »
Le déroulé du cours de Marche Taiji est à peu près identique, à la différence que l’on ne travaille pas ici la forme (la chorégraphie).
On s’affranchit donc de l’aspect mémorisation pour se concentrer sur la répétition de mouvements identiques en ligne droite – d’où le terme «Marche Taiji».
On y retrouve donc :
- la préparation articulaire,
- le travail de posture (position immobile), dans lequel on intègre les principes du Taiji et notamment l’apprentissage du relâchement du corps (notion de Song 松),
- la mise en place des principes de base et des principes internes dans la Marche Taiji.
Alors que choisir ? Cours par niveau, Marche Taiji… ou les deux ?
La première question à vous poser est sans doute :
“Quel horaire me convient le mieux ?”
Que vous optiez pour un cours “classique” par niveau ou pour la Marche Taiji, si la pratique vous plaît, vous en retirerez des bienfaits dans les deux cas.
Mais si vous avez le choix, voici quelques repères :
Si vous pratiquez déjà des cours « classiques » par niveau :
La Marche Taiji vous aidera à intégrer plus facilement les ressentis corporels.
Vous n’avez plus besoin de vous demander :
“Quel est le mouvement suivant dans la forme ?”
Question qui peut parfois vous déconnecter de vos sensations.
En répétant le même mouvement, vous pouvez garder plus facilement votre attention sur les niveaux internes.
Lorsque vous revenez ensuite à la forme, les principes internes se mettent en place plus naturellement.
Si vous êtes débutants :
1/ Si votre emploi du temps vous permet d’être assidu(e), la mémorisation de la forme ne devrait pas poser de difficulté particulière.
La progression dans la chorégraphie comme dans les niveaux internes se fera progressivement, tranquillement.
Vous pouvez donc tout à fait commencer par un cours “classique” par niveau, et le compléter par la Marche Taiji si vous souhaitez plonger plus rapidement dans le ressenti corporel.
2/ Si vous craignez de ne pas mémoriser la forme ou si vous venez de manière plus épisodique
La Marche Taiji sera probablement plus adaptée.
Vous en retirerez les mêmes bienfaits (détente, équilibre, centrage), sans vous sentir perdu(e) dans une forme longue à mémoriser.
L’atelier Tuishou
Le Tuishou (travail à deux en Taichi) nous met en relation avec l’autre.
On vient souvent au Taichi pour se détendre, faire connaissance avec son corps, se centrer, retrouver son équilibre, passer un moment avec soi-même 🙂
Et c’est déjà amplement suffisant…
Mais le Taichi Chuan est aussi un art martial.
Ma recherche en Tuishou – et ce n’est que la mienne, car il en existe bien d’autres – consiste à apprendre à accueillir avec douceur la “perturbation” venue de l’autre, et à laisser émerger la réponse.
Pour illustrer cette approche, voici quelques images :
- Imaginez que vous cherchiez à pousser quelqu’un, mais que vous ne parveniez pas à prendre appui sur lui, comme si vous vous appuyiez sur une table sans savoir qu’elle est montée sur roulettes : vous partez alors en déséquilibre par vous-même.
(Une belle image qu’un ami m’avait partagée après avoir pratiqué avec un maître expérimenté !) - Imaginez que vous vous appuyiez sur un corps « ballon » — comme un grand ballon de baudruche, mais solide. Plus vous appuyez fort, plus ce « ballon » absorbe, et plus le rebond qu’il vous renvoie pourra être puissant.
Ce que l’autre vous renvoie n’est pas une réaction violente de sa part, mais plutôt une réponse à ce qu’il absorbe, accueille, et laisse émerger spontanément.
(Les premières fois que j’ai ressenti cela, cela m’a fait sourire – voire rire. C’est une sensation très surprenante, à laquelle on ne s’attend pas du tout. Selon moi, elle a cette qualité singulière de désamorcer toute velléité d’opposition, de violence ou de colère, tant elle déplace notre manière habituelle de percevoir la relation à l’autre.)
C’est pour cela que j’aime dire, pour ce type de recherche dans la relation à l’autre, que :
« Le Tuishou est à l’art martial ce que la vraie communication non violente est à la parole. »
(Mais encore une fois, il s’agit là de ce qui me guide actuellement ; il existe bien d’autres manières d’aborder le travail à deux en Taiji Quan.)
Trouver l’état qui permet d’accueillir la poussée de l’autre est un cheminement sur lequel j’avance à petits pas. Il me semble que cela va au-delà de la réaction à une poussée physique : comme si cela vous apprenait à mieux réagir dans n’importe quelle situation perturbante – face à des paroles violentes, à la colère de l’autre, ou encore dans des contextes de tension au quotidien, etc.
Si cela vous parle, je vous invite à venir tester et chercher avec moi 😉
